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L’objectif de cette BD est simple : présenter le monde de l’échangisme aux néophytes en combattant quelques idées reçues au passage. L’intention est donc parfaitement louable et il faut espérer que les lecteurs ne seront pas que des gens déjà dans le milieu qui cherchent à vérifier qu’il s’agit d’un reflet juste de ce petit monde. Car, autant prévenir tout de suite, si vous êtes déjà libertins ou échangistes, passez votre chemin, vous n’apprendrez a priori rien que vous ne sachiez déjà, a fortiori si vous fréquentez les clubs, voire vous risquez, comme moi, de vous ennuyer et de tourner les pages sans conviction à la recherche un peu vaine de traits d’humour efficaces. J’en profite pour glisser que je ne suis pas vraiment fan du chara-design et de cet unique gros œil au milieu de la tête qui n’est pas sans rappeler un certain Bob Razowski. D’autant moins fan que j’ai trouvé l’alter ego de Monsieur le Chien assez antipathique, au contraire de ses deux guides et initiateurs.
Mais, il faut le reconnaître, l’ouvrage fait néanmoins bien son boulot. On y retrouve l’étiquette et les règles de bonne conduite pour tous, quelques mises en garde pour les couples qui pensent qu’on peut se rendre en club sans en discuter avant, les attentes versus la réalité, un descriptif des profils et des pratiques, quelques astuces aussi et plein de petites anecdotes. Le tout expliqué avec un ton léger et décomplexé. L’idée est vraiment de donner une image positive du milieu et d’inciter les gens à adopter le bon état d’esprit afin d’entretenir la convivialité et la liberté. Bien sûr, si on lit entre les lignes, il transparaît aussi quelques traces des aspects négatifs : les hommes qui ne supportent pas de ne pas trouver des partenaires alors qu’ils ont payé l’entrée et dont le comportement sort du cadre, des couples dont l’un se force pour faire plaisir à l’autre, etc. Ça fait aussi partie du paysage. Comme les bubulles que, grande buveuse que je suis (ironie inside), je trouve toujours dommage d’associer aussi systématiquement à la fête et au sexe sous prétexte qu’il s’agit d’activités entre adultes. Ah, et entre la carotte sans fanes et la carotte avec fanes, il y a un juste milieu qui a ma préférence. Dommage encore une fois que la notion de pilosité maîtrisée donne plutôt l’impression qu’il faut tout raser ou épiler…
Comme vous l’aurez compris, cette BD n’a pas fait mouche ici, mais je vous invite quand même à lire l’avis beaucoup plus enjoué des 400 Culs qui m’avait pourtant convaincue initialement de sauter sur ce livre. Je reste, quant à moi, sur l’impression qu’il vaut mieux être un curieux un peu innocent et voyeur qu’un initié pour avoir une chance d’apprécier ce travail d’immersion dans un monde parallèle fait de plaisir et de détente.

