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Comment être une jeune femme de vingt-trois ans et s’adonner en toute transparence au sein de son couple à des pratiques sexuelles souvent jugées extrêmes ? Avec la bénédiction de son mari, Eve prend un amant régulier, puis plusieurs ponctuellement ou en même temps… et sa vie horizontale s’en trouve fortement en décalage avec sa vie verticale. Avec authenticité, Eve de Candaulie dévoile dans ce roman initiatique sa découverte du candaulisme (pratique dans laquelle son mari est excité de la voir ou de la savoir avec d’autres partenaires), et du libertinage par la même occasion, de Paris à Rome. Eve nous embarque avec elle dans des scènes d’orgies vécues de l’intérieur. Troublante excitation est le premier opus des chroniques érotiques d’Eve de Candaulie, un préquel à L’infidélité promise.


Troublante excitation est en fait la version papier repackagée de Mon mari est un homme formidable, sorti en numérique en 2015. Il avait été suivi en 2016 par L’Infidélité promise dont j’avais livré une critique enthousiaste ici. Hélas, et pour faire court, la magie ne s’est pas reproduite. Mais alors pas du tout. 
Peut-être est-ce dû au fait que mes pratiques et mes goûts en matière d’hommes sont trop éloignés de ceux de l’autrice ? Peut-être que ma vision des choses est plus tranchée et critique aujourd’hui car j’ai fait du chemin en deux ans et demi ? Peut-être que les textes n’ont pas été suffisamment retravaillés pour la sortie papier ? En tout cas, l’ouvrage manque cruellement de liant et de surprises. Il s’agit tout au plus de la compilation de ce qu’il me semble être les textes écrits par Eve à l’intention de son mari pour garder une trace de ses frasques hors couple et l’exciter ; ce qui se fait beaucoup dans la pratique du candaulisme et du cocufiage, que l’on choisisse de les garder dans l’intimité du couple ou qu’on les expose sur un blog coquin aux yeux de tous pour répondre à un besoin d’exhibitionnisme. Le hic, c’est que s’il n’y a pas de fil conducteur et que les scènes de cul ne me font même pas mouiller la culotte, ça devient vite très pénible à lire. Comme les écrits érotiques qui m’excitent sont extrêmement rares, j’ai pris l’habitude de me raccrocher à d’autres éléments, comme le style, les idées de mise en scène, la psychologie des personnages… J’arrive en général à sauver un peu les meubles et à aller jusqu’au bout du livre. Mais là, il n’y a rien de tout ça. J’ai parfois dû relire plusieurs fois certaines phrases parce qu’elles manquaient de fluidité, les scènes de gang bang et baise énergique se suivent sans laisser de souvenirs particuliers et les hommes se ressemblent trop. Ils sont tous musclés, grands, vigoureux, avec un sexe surtout large, éventuellement long et généralement noir, vu qu’il s’agit d’un critère de sélection de l’autrice qu’elle aime bien rappeler. Elle rappelle aussi souvent que sa vie est tellement morose que le sexe devient le parfait remède pour lutter contre l’ennui. Elle bosse, elle s’ennuie, elle baise, elle s’écroule de fatigue et elle retourne bosser. Ennui de la lectrice.  
J’aurais vraiment voulu trouver du positif dans ce livre (hormis que le lubrifiant, c’est le bien, usez-en), mais rien n’y a fait, il m’est littéralement tombé des mains. Il est sans surprise, répétitif, et cherche sans doute à témoigner de la liberté et de la joie de baiser de l’autrice, mais ce n’est pas aussi communicatif que ça l’avait été dans L’Infidélité promise qui, à mon sens, était beaucoup plus introspectif et constructif. Et c’est sans doute ça qui manque à cette Troublante excitation pour en faire autre chose qu’un ouvrage érotico-porno-masturbatoire de plus dont je ne suis de toute façon pas amatrice d’ordinaire.