Eric Bidaud postule « Telle qu’elle [la pornographie] s’est constituée, culturellement et épistémologiquement, elle peut aussi être comprise comme un effet de censure productive (on n’interdit pas le sexe, on oblige à le faire de certaines manières). » Eric Bidaud défend l’idée que la pornographie chez l’adolescent puis chez l’adulte est un processus de re-visagéification, c’est-à-dire « Cet espace où se joue et s’assume la revisite du stade du miroir, en particulier du côté du regard et de son appropriation, permettant de mettre en place les nouveaux montages entre le sujet et l’objet pour construire une relation génitalisée à l’autre sexe. »
Il la poursuit en citant Ruwen Ogien « Parmi ceux qui recommandent les contrôles ou l’interdiction de la diffusion de films dits « pornographiques », certains justifient leur position en soutenant que les films X donnent une « représentation fausse de la sexualité » et ruinent leur psychisme en les amenant à « dissocier sentiments et sexualité ». Mais ce ne sont pas des arguments psychologiques authentiques. C’est simplement une défense idéologique d’une certaine conception, assez conventionnelle dans nos sociétés de la sexualité. Est-il tellement dramatique de séparer d’une certaine façon amour et sexualité ? Ne s’agit-il pas d’un mouvement de société profond qu’il faut peut-être accepter ? »