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| Le Miracle – Roland Topor |
Temps de lecture : 2 min
Une habitante de Berlin
Aimait baiser avec un nain
Il pénétrait entre ses cuisses
Et circulait dans les coulisses
Depuis le soir jusqu’au matin
A Varsovie une concièrge
Faute de vit usait d’un cierge
A force de fourbir son suif
Elle se mettait les lèvres à vif
Et rougissait comme une vierge
Une geisha née à Tokyo
Appréciait les amants brutaux
Elle défaillait de jouissance
Lorsqu’ils répandaient leur semence
Sur son corps taillé en morceaux
Une native de Hong-Kong
Était imbattable au ma-jong
« La fin justifie les moyens »
Disait-elle en offrant ses reins
Polis et lisses comme un gong
Une sportive d’Ottawa
Avait tenté l’étrange exploit
De branler successivement
Tous les soldats d’un régiment
En n’utilisant que deux doigts
Une fillette de Strasbourg
Avait appris à faire l’amour
Sur une table de billard
Elle en gardait les yeux hagards
Et un peu de bleu tout autour
Une putain de Las Vegas
Qui habitait dans un palace
Avait recourt à une astuce
Pour apprivoiser les phallus
Elle illuminait sa conasse
A Brest, tout près de l’arsenal
Vivait une femme bancale
Lorsqu’elle se faisait enculer
Elle basculait sur le côté
Et parfois se faisait très mal
Une habitante d’Amsterdam
Avait un faible pour les dames
Il lui suffisait d’une motte
Pour décharger dans sa culotte
Tant elle avait de vague à l’âme
Une infirmière de Moscou
Se farcissait le con de clous
Puis grâce à quelques embrassades
Elle séduisait un beau malade
Et l’envoyait droit dans le trou
Dans sa cabine du Carlton
La préposée au téléphone
D’un doigt aérien se masturbe
Puisqu’elle a mis « Do not disturb »
Elle se fout qu’on la sonne
Une bourgeoise de Genève
Avait toujours le même rêve
Tandis que son mari dormait
La table de nuit s’animait
Et lui faisait l’amour sans trêve
Une institutrice d’Harvard
Avait du goût pour l’avant garde
Elle avait orné ses muqueuses
De miniatures scandaleuses
Où dominait le vert-moutarde

