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L’objet de ce post va sans doute paraître un peu curieux. Pourquoi donc me pencher aujourd’hui sur ma définition du polyamour alors que j’en parle depuis plusieurs années sur ce blog et que je semble mener ma barque sur une mer souvent calme mais de temps en temps agitée ?

Ce questionnement a en partie été initié par l’intervention d’Andréa dans l’émission Affaires sensibles du 18 octobre 2019, dont voici un extrait retranscrit :

Fabrice Drouelle : Et dans le polyamour, la dimension du sexe, de l’acte sexuel, elle est obligatoire ou, au contraire, on considère qu’on peut aimer sans le sexe physique ?

Andréa : Justement, le fait de déconstruire le couple, ça m’a permis de déconstruire la notion même d’amour, la notion de couple et de me dire : « qu’est-ce qu’un couple ? Qu’est-ce qu’une relation amoureuse ? Qu’est-ce qu’une relation amicale ? Quelles sont les frontières ? »
 Je me suis posé beaucoup de questions, j’en ai parlé à beaucoup de monde, et aujourd’hui, je dis que je vis plusieurs relations amoureuses, pour que ce soit un peu compréhensible dans le langage de la société actuelle, mais je sens que je vis plusieurs relations qui sont très différentes et qui sont chacune unique. Et du coup, avec chaque personne, je vais créer quelque chose d’unique qui sera justement ce lien entre cette personne et moi, ce lien empathique, et, du coup, il y a des personnes avec qui je vais avoir certaines affinités, d’autres personnes avec qui je vais avoir d’autres affinités, donc, du coup, je ne vais plus me mettre de barrières. Avant je me disais : si t’es en couple avec quelqu’un, il faut qu’il y ait relation sexuelle, il faut que vous vous voyiez souvent, il faut que si, il faut que ça, je me mettais plein de règles et plein de barrières. Aujourd’hui, quand je crée des relations, je me dis pas « il faut », je vois si avec la personne, eh bien il y en a avec qui j’aime rire, il y en a avec qui j’aime pas rire, il y en a avec qui j’ai des longs débats intellectuels, il y en a avec qui non, il y en a avec qui j’ai un fort attrait physique, il y en a non, et je ne me mets plus de barrière, je me dis juste : « Vis cette relation, mais alors en toute transparence, vois quels sont tes envies, tes besoins, les besoins et les envies de l’autre, et puis construisez ce qui vous fait du bien. »

FD : Mais on revient au simple concept de l’amitié finalement ? On n’est pas dans l’amour…

A : Je ne sais pas quelle est la différence entre l’amour et l’amitié au final.

FD : Parce que si vous aimez plusieurs personnes, on aime tous plusieurs personnes avec qui on ne vit pas forcément, avec qui on n’a pas une relation d’amour forcément. Ça s’appelle des amis tout simplement, non ?

A : En fait s’il y a de la tendresse, de la sexualité avec les amis, oui. En fait, quelle est la différence entre amitié et amour ?

FD : Vous me posez une question à laquelle je vous invite à répondre.

A : C’est une question que j’ai posée à beaucoup de gens autour de moi en fait, quand j’ai commencé à me poser toutes ces questions sur le polyamour et je me suis rendue compte que personne n’avait une limite franche et nette et qui était la même pour tous et que chacun mettait sa limite à des endroits différents et que, aujourd’hui, je n’ai plus vraiment envie de mettre ma limite quelque part. Comme je vous le disais, j’ai vraiment envie de laisser vivre mes relations, et après il faut définir l’amour pour dire s’il y a une relation amoureuse ou non. C’est pas si facile de définir l’amour. 
Je n’ai pas grand-chose à redire sur la première partie, je suis d’accord avec son approche : chaque relation est vraiment unique avec ses particularités, son ambiance, ses nuances, ses tempéraments qui se rencontrent, et les partenaires ne sont donc pas interchangeables les uns avec les autres. Cependant, j’ai été interpellée par ce : « Je ne sais pas quelle est la différence entre l’amour et l’amitié au final. » Six mois après la diffusion de l’émission, j’y réfléchis encore et ça va dans le sens d’autres écrits sur le sujet que j’ai pu lire. Ça me travaille sans doute parce que, même s’il est effectivement difficile de définir précisément l’amour, notamment à cause de la petite touche de magie qui l’accompagne, la distinction entre amour et amitié a toujours été instinctivement très claire pour moi. Par contre, je n’avais jamais pris le temps jusqu’à présent de mettre des mots sur « Qu’est-ce qu’une relation amoureuse ? Qu’est-ce qu’une relation amicale ? Quelles sont les frontières ? »

Cette réflexion est venue se télescoper avec un autre fil de pensée au long cours sur ma construction polyamoureuse. Je m’intéresse au sujet depuis que ça m’est tombé dessus il y a presque 6 ans et je donne un petit coup de collier en ce moment parce que j’en ai besoin pour des raisons pratiques. Après tout, toute occasion est bonne à prendre pour essayer d’affiner ma pensée. J’ai donc lu Françoise Simpère, Hypatia From Space, je suis plusieurs groupes de discussion axés sur le polyamour sur Facebook, je suis le travail d’Isabelle Broué (qui est finalement celle qui dissone le plus dans le lot, notamment avec des tentatives de remise en question du vocabulaire et l’élaboration de nouvelles définitions qui me semblent un peu accessoires). J’écoute aussi régulièrement des podcasts qui abordent le sujet. Plus je rentre dans les détails, plus je me rends compte que, comme pour le libertinage et comme pour le BDSM, il n’y a vraiment pas qu’une façon de pratiquer et de définir son polyamour, sachant qu’il y a quand même un socle commun sur lequel tout le monde semble s’accorder. En ça, la définition de Wikipédia me semble être la plus neutre et la plus large : 

Le polyamour est une orientation et une éthique des relations amoureuses où les partenaires sont en relation amoureuse avec plus d’une personne, avec le consentement éclairé de toutes les personnes concernées. Ces relations sont basées sur la liberté sentimentale et sexuelle, l’égalité et l’honnêteté entre partenaires, le respect des choix individuels et de l’autonomie de chacun, le consentement mutuel.

C’est ce qui ressort dans la plupart des définitions que l’on peut trouver sur le net ou dans la littérature, et dont je vous invite à lire une sélection à la fin de ce post. Là encore, je suis plutôt d’accord dans les grandes lignes avec la plupart d’entre elles. Ça correspond bien à ce que j’essaye de vivre aussi pleinement que possible, même si c’est toujours plus facile à dire qu’à mettre en place et que ça prend du temps et de l’énergie. Mais, ne serait-ce que dans ces quelques définitions, il commence déjà à y avoir pas mal de nuances. Parfois, la notion de durabilité apparaît comme importante, parfois, il y a une référence implicite aux 7 à 10 définitions du mot amour par les Grecs, parfois l’amitié avec une ouverture suffit, parfois il ne s’agit même pas d’amour, mais juste d’une façon générale de gérer n’importe quelle relation de manière éthique. Ainsi, selon certaines de ces nuances, il y a dans mon entourage des gens que je devrais intégrer de fait dans mon cercle polyamoureux parce que nous partageons une sexualité ou une intimité ou des affinités intellectuelles ou de la tendresse ou une profonde affection ou un immense respect ou une forme de fidélité, mais qui n’ont néanmoins rien à y faire selon mes critères personnels, tout simplement parce que je ne suis pas amoureuse d’eux. 

Je viens d’évoquer furtivement l’intimité (si si, relisez) et c’est là que vient se rajouter le dernier élément en date dans ma réflexion. En l’occurrence, cette question de Tan Polyvalence, posée un soir de février 2020 sur son compte Instagram : « Quelle est la partie la plus intime de votre corps (et pourquoi) ? »

Je n’ai pas eu à m’interroger longtemps, car c’est une question que je m’étais déjà posée quand j’ai commencé à poster des photos dénudées de moi, et la réponse a tout à voir avec mon polyamour. Mon intimité n’est pas vraiment liée à mon corps et d’ailleurs, c’est, à mon sens, cette séparation entre corps et vie intérieure qui me permet d’être également libertine. Avoir accès à mon corps aussi indécemment que je puisse le présenter ne donne pas accès à celle que je suis. Le plus intime chez moi est à l’intérieur, dans mes pensées, dans mon histoire, dans les confidences que je peux choisir de faire ou pas, dans mes fragilités, dans le désir brut que je sais exprimer ou l’érotisme que j’ai envie d’éveiller, et même dans mon quotidien. Mon intimité, c’est ma notice et je reste la mieux placée pour vraiment la connaître et pouvoir la communiquer si j’en ai envie. Plus je donne accès à cette notice, plus la relation est intime. Et crois bien, lecteur, que ce n’est pas la lecture de ce blog qui te fera pénétrer dans mon intimité, même s’il t’en donne l’impression 🙂

Ainsi, pour tenter de faire le point. Mon polyamour n’est pas du libertinage. Il se trouve que je suis libertine et polyamoureuse et que ce sont deux choses bien distinctes pour moi. Je l’évoquais dans un autre post, mais je suis plus légère dans le libertinage que dans le polyamour, car les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Le hasard a simplement fait que j’ai rencontré deux de mes polyamoureux dans le cadre du libertinage. Enfin, non, pas tout à fait le hasard. Par choix, que je pourrais aussi appeler entente relationnelle, je ne suis pas out dans ce que j’appelle ma vie ON, la partie visible par la société, la famille, les amis. À part deux amies proches de ma vie ON, personne n’est au courant de mon libertinage et de mon polyamour. Comme il me faut bien croiser les gens à un moment et que j’ai assez peu d’interactions sociales de manière générale, le milieu du libertinage est par conséquent devenu un lieu de rencontres pour moi comme pourraient l’être une entreprise, une association locale ou une soirée chez des amis. Avec cependant quelques avantages certains. Dans le libertinage, les langues se délient plus vite et la sexualité est tout de suite l’élément central des conversations. On sait assez vite si on a des choses à se dire sous une couette et ça compte bien entendu beaucoup pour moi qui suis un animal sexuel complexe. Mais ça ne suffit pas.

Mon polyamour ne peut pas non plus se satisfaire d’une simple affinité intellectuelle très forte, même si ça peut parfois ressembler à un coup de foudre et que cela peut être très troublant pour la personne en face de moi, parce que je vais me montrer réellement très intéressée par elle. Je suis particulièrement friande de stimulations intellectuelles et ça fait parfois frétiller mes narines. Mais là encore, ça ne suffit pas.

Mon polyamour n’est pas non plus de l’amitié. J’ai plusieurs partenaires libertins avec lesquels je suis amie, avec lesquels je partage une intimité des corps, une grande complicité sexuelle et intellectuelle (car les deux me sont nécessaires dans le libertinage), mais ils ne font pas partie de mes cercles polyamoureux pour autant. J’ai également des amis libertins avec lesquels je prends des cafés de temps à autre parce que nous avons plein de choses à nous raconter et à partager et avec lesquels il ne se passera rien de plus romantique. En plus, comme j’aime que les choses soient claires pour éviter les moments de flottement désagréables, c’est généralement une question que j’aborde frontalement si j’ai un doute. Actuellement, personne dans mon entourage, qu’il s’agisse d’anciens partenaires libertins, de partenaires actuels ou d’amis très proches, ne sortira comme par magie du cercle amical juste parce qu’en tant que polyamoureuse, je suis censée laisser la porte ouverte à tous les possibles des fois que, on sait jamais. Je connais mon fonctionnement et personne n’a fait « exception à la règle » jusqu’à présent. L’amitié ne suffit donc pas.

Être polyamoureuse ne veut pas dire non plus que je suis en recherche permanente. En fait, mon cercle polyamoureux est très très restreint, pas tout à fait par choix, mais un peu quand même. Je me considère aujourd’hui comme polysaturée. Je suis de nature assez économe en énergie et j’aime la stabilité, je ne m’investis donc pas dans une relation amoureuse nouvelle si je sens qu’elle ne mènera à rien ou que mon écosystème polyamoureux sera perturbé au point que l’équilibre général sera perdu. Ce n’est donc pas parce que je peux que je veux. Et, ce, même si je fréquente encore un peu le milieu libertin, lieu de rencontres potentielles comme je le disais plus haut.

Si le hasard (enfin, si ça me tombait dessus du jour au lendemain comme toutes les fois où je suis tombée amoureuse), donc, si le hasard faisait qu’une nouvelle personne devait entrer dans ma vie polyamoureuse (et pas que dans la mienne du coup), je sais d’ores et déjà que j’ai les outils pour jauger et analyser la situation et savoir l’intégrer ou pas. Ce qui est sûr aussi, c’est que m’annoncer comme polyamoureuse ouvrirait tout de suite une discussion, mais qu’il s’agit malgré tout d’une conception de la relation amoureuse qui va souvent trop brusquer les gens dans leurs certitudes, habitudes et attentes, y compris dans le milieu libertin, qui semble pourtant plus ouvert d’esprit. Si cela devait néanmoins arriver car, après tout, on ne contrôle jamais tout, il ne pourrait a priori s’agir que d’une nouvelle rencontre avec qui il y aurait, dès les premiers instants, un beau coup de foudre aussi intellectuel que physique et une pointe de magie qui ne s’explique pas, puis il y aurait la validation successive d’un certain nombre de points, notamment une acceptation réelle de ma situation un peu moins simple que la normale dans laquelle il faudrait savoir trouver sa place, en plus d’y trouver son compte et vice-versa. Ensuite viendraient l’apprivoisement réciproque et la naissance de la confiance pour qu’il puisse y avoir un vrai partage d’intimité. Et enfin, il y aurait quelques ententes relationnelles pour venir stabiliser le tout. Il faut vraiment être deux personnes en phase pour que la relation se tisse. Pour l’avoir déjà vécu, je sais même que ça n’interdit pas de vivre une très belle NRE quand tous les feux sont au vert. Sans ce développement très conscient de lui-même de la relation amoureuse, il ne pourrait rien y avoir de plus qu’une relation respectueuse et amicale (qui peut être sexuelle ou non). Ce qui est déjà très bien, très enthousiasmant, très enrichissant en soi, mais qui n’est pas du polyamour pour moi.




Le polyamour (de l’anglais polyamory), ou pluriamour, est une orientation et une éthique des relations amoureuses où les partenaires sont en relation amoureuse avec plus d’une personne, avec le consentement éclairé de toutes les personnes concernées. Ces relations sont souvent confondues avec l’adultère, l’infidélité, la polygamie ou le libertinage.
Ces relations sont basées sur la liberté sentimentale et sexuelle, l’égalité et l’honnêteté entre partenaires, le respect des choix individuels et de l’autonomie de chacun, le consentement mutuel.
Le terme « polyamoureux / polyamoureuse » (ou « poly ») désigne les personnes adhérant à cette éthique – qu’elles soient ou non présentement engagées avec plusieurs partenaires – ainsi que les relations et les couples basés sur ces principes. Ces « relations polyamoureuses » peuvent prendre des formes très diverses, le polyamour prônant la négociation par les partenaires des modalités de la relation.

Polyamour. nom commun, masculin. Relation sentimentale honnête, franche et assumée avec plusieurs partenaires simultanément.

Étymologiquement, le mot polyamour provient du grec et du latin et signifie simplement « amours multiples », à partir de la traduction du terme anglais polyamory. En général, on définit une relation polyamoureuse comme étant une relation amoureuse impliquant plus de deux personnes.
Le polyamour implique la connaissance et l’acceptation de chaque personne impliquée dans la relation (contrairement à simplement tromper son amoureux·se).
C’est un principe qui est intimement lié aux notions d’honnêteté et de sincérité.
Dans une relation monogame habituelle, les règles sont tacites, dans une relation polyamoureuse, on définit simplement et explicitement des règles différentes.
Le polyamour est une manière entièrement différente de vivre et penser les relations qu’on peut développer avec les autres, c’est une acceptation du simple fait qu’une seule personne ne peut et ne doit pas être contrainte à combler tous vos désirs ou besoins.
Après tout, on peut très bien avoir plusieur·e·s ami·e·s, et les aimer chacun·e à leur juste valeur, le polyamour concrétise la même logique pour les relations amoureuses.

Le polyamour est la création entre plusieurs personnes, de liens et relations durables, plurielles, amicales, affectives, amoureuses, sexuelles.
Pour les polyamoureux, il ne s’agit pas d’avoir des liaisons ou de tricher avec les personnes que vous aimez . Il n’y a ni secrets ni mensonges : tout se déroule selon les accords conclus, en toute réciprocité et ouvertement. Polyamour, c’est aimer plusieurs personnes à la fois, de façon engagée, éthique et consensuelle. Les relations polyamoureuses peuvent être sexuelles ou pas, elles sont tendres et affectueuses.


Dossie Eaton et Janet W. Hardy dans La Salope éthique (définition complétée par l’éditeur français)

Polyamour (parfois abrégé en poly)
Terme qui a gagné en importance ces dernières années. Nous le préférons à « non-monogamie » car il ne présuppose par la monogamie en tant que norme. Sa signification étant encore un peu vague, certains considèrent que le polyamour consiste en tous les types de relation n’incluant pas la monogamie, alors que d’autres la limitent aux relations amoureuses stables (en excluant donc l’échangisme, les plans cul et d’autres formes d’intimité). Les expressions « amours libres », « amours multiples », « amours plurielles », « biodiversité amoureuse », « relations non exclusives », « non-exclusivité » et « lutinage » sont également employées en français.

Le Monde : Quelle est votre définition du polyamour ?
Françoise Simpère : C’est une nouvelle forme de relation individuelle, où l’on oublie le couple pour se baser sur les relations humaines. Le polyamour apprend à être autonome, à aimer avec détachement. On aime avec des sentiments, mais sans dépendance. Cela implique d’avoir déjà confiance en soi, pour ne pas se sentir brisé si l’autre ne répond pas à ce qu’on souhaite.
Le polyamour n’exclut pas que l’amour puisse être une des plus belles choses du monde, c’est pour cette raison que personnellement, je suis ravie de le conjuguer au pluriel. L’amour, c’est génial quand on rencontre une personne de façon affective, intellectuelle, sexuelle, qu’on se sent bien avec elle, mais sans forcément se dire chaque fois « il faut que je me mette en couple ». Le polyamour, c’est inventer ses propres valeurs d’amour. 

[…] le polyamour ou, plus précisément la polyamorie. Isabelle Broué précise, pour elle, la définition qu’elle donne à de ce terme : « Ce mot, qui nous vient du néologisme américain « polyamory », lui-même venu du grec et du latin, ne signifie pas « être amoureuxe de plusieurs personnes en même temps », mais : vivre des relations plurielles éthiques dans lesquelles l’amour, s’il se présente, est libre de se développer.
La polyamorie est en effet de la possibilité de vivre en parallèle des relations intimes plurielles – possiblement amoureuses et/ou sexuelles – avec l’accord libre et en conscience de chacune des personnes concernées.
Les relations en question peuvent être amoureuses… ou pas (on peut être poly et aromantique), de même qu’elles peuvent être sexuelles… ou pas (on peut être poly et asexuel·le) : l’idée est de laisser se développer les relations de manière organique, sans chercher à les faire entrer dans des cases ou à les qualifier. Il s’agit d’une orientation relationnelle, où l’accent est plus mis sur la forme des relations – éthique – que sur leur nature (amoureuses possiblement, mais pas nécessairement).
Or, dans « polyamour », on entend « Amour » – avec un grand A. Le souci est pour moi encore plus frappant avec « polyamoureuxe » où on entend : « être amoureuxe », là où en anglais, « polyamorous » ne signifie pas « to be in love » mais… « être sexuellement attiré·e » par plusieurs personnes.
Voilà pourquoi je préfère traduire « polyamory » par « la polyamorie ».