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Pour la petite histoire, j’ai découvert le travail de Steph Doe et de Dirty VonP dans le documentaire Planète Kinbaku. Steph Doe y servait de guide au réalisateur. Dirty VonP y intervenait également. À la fin, on pouvait les voir tous deux à l’œuvre autour de Misungui Bordelle qui en ressortait aussi high que ravie. Par la suite, je me suis mise à suivre les auteurs en divers lieux sur internet, des plus exposés comme Instagram aux lieux plus confidentiels à l’abri de la censure. Dans l’ensemble, j’ai été plus séduite par la technique et les photos que par le sadisme parfois très poussé des séances qui ne correspond pas forcément à mes goûts personnels.
 
Quand ce livre a été annoncé, j’ai tout de suite mis une option dessus ; peut-être plus pour moi que pour mon encordeur, qui a un niveau déjà un peu avancé, même s’il n’est jamais superflu de revoir les bases. J’y voyais donc une opportunité de reprendre tout proprement de zéro, de compléter et consolider mes connaissances et d’acquérir enfin ce que j’avais sans doute un peu laissé de côté faute d’utilité immédiate. Sur ce point, le livre fait un très bon boulot. Les tutoriels sont illustrés et commentés étape par étape, sans jamais faire l’économie des rappels de sécurité et d’astuces. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise, il s’agit bien d’un guide et il correspond vraiment aux attentes et besoins des débutants avec tout ce qu’il faut savoir sur les nœuds et les figures basiques.
 
Premier volume oblige, l’ouvrage ne se contente pas de quelques tutoriels, il établit aussi des bases pour appréhender l’univers des cordes : historique, glossaire, règles de sécurité, règles de négociation, atomisation des idées reçues et une invitation à se poser les bonnes questions afin de définir un cadre sain et serein pour une bonne pratique. Là aussi, c’est très bien vu, surtout que les auteurs n’hésitent pas à parler d’eux et de leur façon de pratiquer, notamment à travers des retours d’expérience très personnels, mais ils n’imposent jamais leur modèle. Seule affleure une pointe de perversité, mais elle ne perturbe en rien l’aspect pédagogique du livre et sert plus de source d’inspiration pour pimenter éventuellement une séance. Les auteurs donnent des pistes de jeux, parlent de ce qui peut en être retiré pour les deux participants, mais laissent libre cours à l’imagination pour le reste. L’accent est vraiment mis sur la responsabilisation des pratiquants, autant de l’encordeur que de l’encordée avec la nécessité d’ouvrir le dialogue chaque fois que nécessaire. Les grilles d’évaluation et la brochure des 4″C » des cordes en fin d’ouvrage sont d’ailleurs des gros plus.
 
Le bandeau rouge sur la couverture anticipe un peu les choses, mais il est vrai que les livres de référence en français sur le shibari ne sont pas encore légion en librairie. Avec la démocratisation de la pratique, ça viendra sûrement. Le Net regorge bien entendu de ressources gratuites et payantes, mais bien souvent en anglais. En attendant, si vous souhaitez vous lancer, que vous êtes simplement curieux, que vous n’avez pas forcément accès à des ateliers près de chez vous, ce livre répondra à beaucoup de vos questions et vous permettra de faire vos premiers pas. Mon encordeur a beaucoup apprécié les petites astuces et les idées de jeux, pour ma part, cela m’aura permis de gagner en assurance. Aucun doute, j’achèterai le volume 2 à sa sortie.
 
P.S. Faisant partie des 200 premiers acheteurs, j’ai pu, en plus, avoir accès gratuitement au pack débutant sur le site de l’École des cordes. L’offre vidéo qui est en train de se mettre en place permet de mieux saisir les gestes et rend très palpable la tension qu’il faut maintenir dans les passages de cordes.