Le funambule et l’amoureux tels que je me les représente dans ces pages sont des êtres dont la seule qualité véritable est d’être là et d’accepter l’expérience. Acceptant le danger comme une condition nécessaire à la découverte de la vérité, ils ne sont pas pour autant fascinés par la mort. C’est la vie qu’ils recherchent. Ils observent les signes, ils acceptent les rencontres et les épreuves susceptibles de les bouleverser et de les éblouir, mais ils savent également éviter de tomber. Parce qu’ils savent voir les signes, parce qu’ils sont sensibles, parce qu’ils ont appris, justement, à s’approcher de la vérité, ils savent aussi habiter le réel de façon productive et intelligente. Plus ils dansent sur le fil, plus ils savent y danser. Plus ils aiment, plus ils savent aimer. La vie, la mort, l’amour et le funambulisme sont affaire d’apprentissage. Et la seule condition pour apprendre est d’admettre qu’on ne sait pas encore, qu’on ne saura jamais tout à fait, qu’il faut apprendre encore. Apprendre à vivre, apprendre à aimer ! Apprendre à mourir, aussi…
Vers une libération amoureuse, Yann Kerninon, p. 21.

