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Manuel pratique complet de l’enculage du sexe dit « faible » par le sexe dit « fort », Éloge du cul, certes fort détaillé dans ses différents articles, ne se limite pas à des recettes pratiques.
Il est parcouru d’un bout à l’autre – certaines lectrices dussent-elles s’en indigner – par une tendresse venue du fond du cœur.
Dans la jouissance en effet, estime Paucard (et il s’efforce de faire partager la sienne à sa partenaire), « Soyez certain que dans ces moments-là […] se réalise l’incroyable unité des contraires. Aucun d’eux ne se préoccupe tant soit peu de l’autre et pourtant, miracle, les deux jouissent. En quelques minutes, d’esclaves, nous sommes devenus égaux. »
Ainsi débarrassés de tout altruisme déplacé, les partenaires peuvent donner libre cours, à loisir, et chacun de leur côté, à leur jouissance personnelle.
Qu’en pensez-vous ?
Ce que je ne pourrais pas reprocher à Alain Paucard, c’est de manquer d’humour, car il me faut l’avouer, j’ai souvent ri en lisant ses écrits. Ce que je pourrais lui reprocher par contre, c’est quand même d’être de la vieille école, misogyne et réac en sus. Bien sûr, il faut remettre ces textes dans leur contexte d’écriture, c’est-à-dire du milieu des années 70 au début des années 90 ; à l’époque, ça passait aussi bien qu’une playmate un soir de 1984 sur TF1, aujourd’hui, certaines considérations, ne serait-ce que sur l’anatomie féminine, sont datées.
Le personnage, qui ne se cache pas d’être libertin et dominant, aime les femmes, un peu à l’image d’un Wolinski, dont certains dessins passeraient moins bien de nos jours, alors que lui aussi aimait profondément les femmes et visait particulièrement juste. Paucard aime les femmes, donc, mais les préfère néanmoins quand elles vont dans le sens de son plaisir à lui. Ouste ! celles qui rechignent à avaler, à se faire prendre en levrette et à se faire sodomiser. Ouste ! aussi celles qui chipotent trop, sont prises de tête ou féministes. Ce qui ne semble jamais avoir privé l’auteur d’un certain succès.
Heureusement, le bougre se rattrape avec son esprit et son humour. Les textes, qui n’excèdent que rarement les trois pages, s’attaquent aux pratiques, au vocabulaire du sexe, aux relations femme/homme, à des thèmes de société, etc. Ces réflexions sur le bon usage des mots vulgaires au lit, le fétichisme ou les avantages de la levrette mettent dans le mille et semblent intemporelles. À moins qu’elles ne me parlent tout particulièrement peut-être. En tout cas, l’ouvrage fourmille de jolies formulations, parfois très visuelles, comme la suivante :
Le trou du cul ne s’aperçoit pas directement, il faut écarter les globes. Les femmes intelligentes l’offrent d’elles-mêmes. Les hommes intelligents y présentent d’abord la langue.
J’ai envie de dire : balle au centre. Un peu comme mon avis sur ce livre finalement.