Extrait de À la claire fontaine, m’en allant promener – Le dessin de Cy.(prine) Publié sur Madmoizelle le 7 mai 2016
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Je vous rassure, je ne couvre que les six derniers mois de manière superficielle avec Google en français et j’ai écarté tous les liens vers les sites pornos, surtout qu’il en existe des dédiés à la pratique (forcément).
La sexualité est loin d’être un domaine à l’abri des phénomènes de mode et des injonctions. Dans l’absolu, aucune des pratiques suivantes n’est nouvelle, mais périodiquement l’une d’elles se retrouve sous les feux des projecteurs. Maintenant que la fellation (toute nana est censée aimer la pratiquer de nos jours) et la sodomie (parce qu’il faut libérer le cul aussi, mais surtout celui des femmes) sont intégrées par tout le monde, il est temps de passer à la femme fontaine, summum de la jouissance pour la femme, à ce qu’on dit. Car il est toujours de bon ton d’établir une graduation dans le plaisir sexuel…
Plus que tout, j’adore ces supposées notices « infaillibles » qui permettent de mettre dans le mille à tous les coups avec toutes les nanas. Comme si toutes les femmes étaient câblées pareil… Je vois pourtant une très bonne raison pour laquelle aucune de ces méthodes ne peut fonctionner chez moi, et je dois être loin d’être la seule « câblée » comme ça. Comme souvent, il découle de tout ça une forme de défi à relever pour les soi-disant experts en la matière (les fameux « sourciers ») face à une anatomie récalcitrante et un esprit mis sous pression à force de croiser des articles sur le sujet et des promesses de jouissance extraordinairement génialissime, esprit qui va avoir beaucoup de mal à lâcher prise.
J’ai depuis un moment arrêté de lire des articles sur l’éjaculation féminine, les méthodes et compagnie. Déjà, parce que ça ne fait qu’entraîner un brin de frustration et de jalousie (quand ça veut pas, ça veut pas, malgré toute la bonne volonté du monde). Je l’ai dit ici même, le phénomène exerce chez moi une sorte de fascination et me fait rêver. Ensuite, parce qu’on tourne très vite en rond. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on ne sait pas grand-chose, comme souvent avec la sexualité féminine. Un jour, il s’agit d’urine diluée, un autre, non. Un jour, c’est à la portée de toutes, un autre, non. Il y a malgré tout des tentatives de recherche comme le montre cet article, mais ça reste éminemment timide et frustrant.
Les deux « nouveautés » que j’ai pu lire dernièrement sont les suivantes : – Il faudrait commencer par bien faire la différence entre éjaculation féminine et squirt, ce qui va être compliqué, car l’un est la traduction de l’autre dans le langage courant. Comme le montre la petite BD plus bas d’ailleurs. – Ce n’est pas sans risque, surtout quand on force les choses.
Extrait de La Fabrique pornographique de Lisa Mandel et Mahieu Trachman. Édition Casterman.