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Parfois, je m’interroge : y a-t-il instant plus sensuel que lorsque je me glisse sur les jambes de mon fesseur pour lui offrir mon postérieur nu, ou très proche de l’être, et attendre qu’il lève la main et impose son rythme ? 
Actuellement, il n’y a que sur un seul homme que je m’allonge comme cela. Avec d’autres, il en serait forcément autrement, mais la question ne se pose pas. C’est un rituel qui a fini par s’instaurer entre nous deux. La moitié du temps, je m’offre et il dispose. L’autre moitié, il m’invite et je ne peux pas résister. Rares sont les fois où l’un refuse ce que l’autre propose. 
La proximité est toujours favorisée ; elle permet de mieux sentir le corps et la respiration du partenaire, surtout que je suis de nature silencieuse et qu’il s’amuse beaucoup de mes tentatives d’anticipation du coup qui part. Et puis, il y a ce corps-à-corps quand j’essaye de lui échapper et qu’il me retient fermement.

Les instruments de frappe sont, du fait de la position, assez limités : mains, petit martinet vif et cruel, paddle, fine latte de bois reconditionnée, brosse à cheveux et le fameux fouet en bambou. Et sans doute d’autres improvisations qui échappent à ma mémoire. Quelques coups de griffe et de dents viennent souvent m’arracher mes derniers ronronnements.

Ces fessées ne sont jamais des punitions ni une quelconque preuve d’abnégation. Il n’y a pas plus de Domination/soumission entre mon fesseur et moi que de Discipline Domestique. Je suis désormais beaucoup trop femme pour être traitée comme une enfant fautive. À moins de vouloir tâter de ma main en retour, car moi aussi, j’aime parfois claquer les fessiers.

Leur intensité varie en fonction du jour et des hormones, il n’y en a jamais deux identiques. Parfois, je m’inquiète de la santé de sa main quand mes fesses font de la résistance. Depuis longtemps, nous avons abandonné tout espoir de voir des marques s’installer ne serait-ce que pour quelques jours, alors que j’en ai eu il y a quelques années pour bien moins que ce que je supporte aujourd’hui. C’est ainsi et c’est très bien. Personne n’a rien à prouver à personne.

D’ailleurs, les petites cases voudraient que nos fessées rentrent dans le cadre du BDSM, mais elles sont, à nos yeux, tellement plus que cela. Avec le temps et la pratique, elles sont devenues des actes sexuels à part entière, au même titre qu’une fellation, un cunnilingus ou une pénétration. Elles sont des moments de partage intenses qui mettent en pause les cerveaux, stimulent les corps et laissent place à l’écoute de l’autre. La connexion est rarement aussi forte, alors même que les regards n’ont pas la possibilité de se croiser. À moins d’avoir judicieusement placé un miroir dans le bon axe au préalable.

Ces fessées sont simplement des preuves d’amour, prodiguées avec un immense plaisir d’offrir et reçues avec beaucoup de joie. Et beaucoup de perversité aussi.