Parfois, je m’interroge : y a-t-il instant plus sensuel que lorsque je me glisse sur les jambes de mon fesseur pour lui offrir mon postérieur nu, ou très proche de l’être, et attendre qu’il lève la main et impose son rythme ?
Les instruments de frappe sont, du fait de la position, assez limités : mains, petit martinet vif et cruel, paddle, fine latte de bois reconditionnée, brosse à cheveux et le fameux fouet en bambou. Et sans doute d’autres improvisations qui échappent à ma mémoire. Quelques coups de griffe et de dents viennent souvent m’arracher mes derniers ronronnements.
Leur intensité varie en fonction du jour et des hormones, il n’y en a jamais deux identiques. Parfois, je m’inquiète de la santé de sa main quand mes fesses font de la résistance. Depuis longtemps, nous avons abandonné tout espoir de voir des marques s’installer ne serait-ce que pour quelques jours, alors que j’en ai eu il y a quelques années pour bien moins que ce que je supporte aujourd’hui. C’est ainsi et c’est très bien. Personne n’a rien à prouver à personne.
D’ailleurs, les petites cases voudraient que nos fessées rentrent dans le cadre du BDSM, mais elles sont, à nos yeux, tellement plus que cela. Avec le temps et la pratique, elles sont devenues des actes sexuels à part entière, au même titre qu’une fellation, un cunnilingus ou une pénétration. Elles sont des moments de partage intenses qui mettent en pause les cerveaux, stimulent les corps et laissent place à l’écoute de l’autre. La connexion est rarement aussi forte, alors même que les regards n’ont pas la possibilité de se croiser. À moins d’avoir judicieusement placé un miroir dans le bon axe au préalable.
Ces fessées sont simplement des preuves d’amour, prodiguées avec un immense plaisir d’offrir et reçues avec beaucoup de joie. Et beaucoup de perversité aussi.

