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Bac à sable. C’est ainsi qu’un ami libertin de longue date avait qualifié le site sur lequel nous nous sommes rencontrés. Il a étayé en me disant aimer discuter avec les gens juste pour le plaisir de l’échange, rien de plus. Il ne se retenait jamais d’envoyer un compliment au sujet d’une photo ou d’une annonce bien écrite et ne rien attendre en retour. C’est comme ça qu’il m’a abordée d’ailleurs. Une technique d’approche assez courante, à la différence près que, là, le reste du message ne laissait pas de place à la drague et la suite de la conversation est partie dans une direction totalement inattendue. Il a fini par devenir un ami très cher avec lequel j’ai « grandi » et que j’ai vu « grandir ». Et il n’y a finalement jamais rien eu de sexuel entre nous.
Je ne suis pas une grande consommatrice, j’aime prendre mon temps, construire des moments uniques qui apporteront à mon (mes) partenaire(s) et à moi ce shoot de plaisir et de bien-être qui nous enverra planer pendant plusieurs heures. Mécaniquement, il ne peut donc y avoir que peu d’élus. Mais je reste joueuse et curieuse en tout temps (ou presque). Quand une accroche sort du lot, mon sourcil se soulève et je ne peux m’empêcher d’engager la conversation pour en savoir un peu plus sur mon interlocuteur. C’est ce que j’appelle laisser filer la conversation. Parfois, il y a de réelles bonnes surprises à la clé qui font frétiller mon esprit de plaisir.
Cet univers est tellement riche en profils différents, en personnalités différentes, en recherches différentes, en approches différentes, en chemins de vie différents. J’ai eu l’occasion d’interagir avec des gens que je n’aurais sans doute jamais croisés autrement dans ma vie de tous les jours ou qu’il ne me serait pas venu à l’esprit d’aborder. L’abolition des barrières, c’est ce que je trouve absolument génial sur les sites de rencontre dits libertins. Il y a bien sûr cette grande liberté de parole sur le sujet du sexe dans tous ses états qui fait un bien fou, même si ce petit monde n’échappe pas totalement aux injonctions du moment (mais j’y reviendrai dans d’autres posts). Il y a aussi un enrichissement plus subtil, profond, à un niveau plus humain ; culturel aussi parfois. La plus grande majorité, obnubilée par les histoires de fesses, passe à côté de tout cet aspect. C’est pour cela que j’utilise régulièrement l’image des aiguilles dans une botte de foin. Autant dire que, quand les aiguilles se croisent, elles peuvent se mettre à tricoter longtemps.
Donc oui, je parle de bac à sable aussi maintenant, de réseau social bis avec le sexe pour centre d’intérêt principal, mais avec plein d’autres choses autour. Il est devenu évident à un moment que mon monde ne se coupait plus en deux de manière stricte, mais que la frontière était devenue perméable. Je suis contente d’avoir pu nouer de vraies belles amitiés de ce côté-ci de la barrière aussi et elles m’apportent beaucoup. Et plus si affinités…
