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Dans le documentaire de Travis Klose, Araki évoque sa vie et son travail, un peu sa vision du monde et surtout ses sources d’inspiration, pour ne pas dire obsessions : le sexe, les femmes, sa femme, les visages, les fleurs, son chat, les instants volés. Lors des shootings professionnels, il sautille, virevolte, change d’appareil cinq fois ; il est difficile à suivre autant dans ses mouvements que dans sa pensée. Et pourtant, le résultat est là, bluffant, car l’homme sait saisir des regards, des attitudes, des pensées, des ambiances. Sous la bonhomie et la perversité évidente, il sait ce qu’il veut et il l’obtient. Le personnage pourrait être entièrement fascinant si seulement sa façon de procéder n’était pas en mesure de lui coller aux fesses quelques procès pour attouchements et agressions sexuelles en raison des nombreux gestes déplacés et totalement gratuits qu’il s’autorise avec les modèles hors caméra. Araki ou pas, je lui aurais personnellement mis ma main dans la figure.
Il est à noter que Björk et Takeshi Kitano interviennent à plusieurs reprises pour donner leur point de vue sur le travail du photographe, mais ces passages sont très dispensables selon moi. Le cœur du documentaire reste vraiment les moments où Araki commente son travail et s’agite. Le génie à l’œuvre. Et de très nombreuses photos pour en témoigner.

