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Dès qu’il entra, ma lionne intérieure se mit à renifler. En bon primate, je voulais le voir, mais ma lionne, elle, voulait le sentir.
Le pouvoir de Haven caressa chaque centimètre carré de ma peau tel un souffle tiède. Je frissonnai, et ma lionne se mit à remonter ce long chemin métaphysique. Haven lui avait plu dès le départ. Moi, j’étais capable de reconnaitre un emmerdeur au premier coup d’œil ou presque. Mais ça ne changeait pas le fait que j’avais envie de lui. Envie de me frotter nue contre lui comme le font les félins pour se marquer de leur odeur.
Puis, j’ai rencontré un lion et j’ai senti une bête s’éveiller en moi à son contact, de manière totalement instinctive. Et j’ai compris. J’ai enfin compris de quoi parlait cet auteur.
Je me souviens encore très bien de la fois où, ayant attaché un partenaire au lit et l’ayant titillé comme il fallait, j’ai vu son lion s’éveiller d’un coup et bondir. Dans son regard, dans tout son être. Et mon premier réflexe a été un mouvement de recul pour me mettre à l’abri. Je me suis positionnée à l’autre bout du lit, hors de sa portée, et je suis restée immobile à le scruter, comme un félin réfugié sur une branche, attendant que ça passe. À cet instant, je me suis sentie animale et à l’affût. Ses yeux étaient enfiévrés et je ne savais pas ce qu’il se serait passé s’il n’avait pas été attaché. Lui le savait par contre, il me l’a dit après, quand nous avons repris tout deux « forme humaine ». Heureusement que des liens solides l’avaient retenu au montant du lit, parce que ce jour-là, je n’étais pas prête à ce qui aurait pu se produire. La fois suivante, j’ai su exploiter cette situation et ça reste un souvenir magnifique et très rare.
Quand je rencontre un nouveau partenaire qui est en phase avec son animalité, il m’arrive de sentir et de deviner avec beaucoup de justesse à quoi j’ai affaire. Je ne me l’explique pas et je ne cherche pas plus à comprendre. Tout comme le lion avait senti ce que j’étais, je ressens ce que les autres sont parfois. Mais il arrive que ça provoque un trouble intéressant. Comme cet homme qui s’identifiait à un lion (un autre) mais que je ressentais comme un mélange loup/félin. Je garde toujours en mémoire ce moment où, moi allongée sur le ventre, lui au-dessus de moi, il m’a mordu le cou pour m’imposer sa domination. Comme un animal vaincu, j’ai attendu qu’il desserre la mâchoire sans bouger. J’ai gardé une douleur à cet endroit pendant quelques jours, et pourtant il n’y avait pas de marque visible et il était très loin de m’avoir mordue au sang. Heureusement.
Maintenant, cet animal est encré dans ma peau. Parce qu’il est là, présent, même si souvent en sommeil, et hautement symbolique pour moi. Il fallait marquer le coup, cette fois.
Bon et ça, c’est juste parce que j’ai un gros faible pour les félins qui pioncent…


