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Il y a quelques semaines, à la fin de mon avis sur La Correction ou la confusion des sens, je me promettais de revenir sur le travail d’Alex Varenne pour lequel je venais d’avoir un énorme coup de foudre.
Sans doute voulais-je confirmer une intuition, alors, plutôt que de commencer logiquement par lire ses œuvres, j’ai porté mon attention sur ce livre d’entretiens dont l’approche est strictement chronologique. On part du début de la carrière de Varenne dans les années 70 jusqu’à presque aujourd’hui. L’interview fleuve aborde l’évolution de son style, les titres marquants, sa collaboration avec son frère et son envol en solo, le basculement du politique vers l’érotique, son approche du libertinage et ses muses. Je n’imaginais pas que cette lecture allait se révéler aussi passionnante, surtout sur un auteur dont je n’ai pour ainsi dire encore rien lu. C’est pourtant 240 pages d’un parcours cohérent, réfléchi et riche, amplement illustré et analysé, qui se dévorent en un rien de temps.
Bien sûr, c’est la période érotique qui a le plus retenu mon attention. Sa liberté, Varenne a pu l’exercer autant dans sa vie sexuelle que dans la BD. L’une venant sans cesse enrichir l’autre. Refusant certaines facilités qui auraient sans doute pu lui rapporter beaucoup plus, il s’est attaché à raconter des histoires parfois très singulières, parfois très personnelles, dont il ressort beaucoup de cérébralité et un profond amour des femmes. Mais, ici, la femme n’est ni objet ni trophée comme on peut la rencontrer dans beaucoup d’œuvres érotiques. C’est palpable dans nombre de ses dessins, la femme chez Varenne n’est pas soumise à l’homme, elle est maîtresse de sa sexualité. Elle est tantôt fatale, tantôt douce, tantôt prolongement d’un fantasme, tantôt reproduction fidèle d’une rencontre marquante de l’auteur. Elle est surtout souvent très charnelle avec ce brin de perversité et de malice – oserais-je parler d’animalité ? – qui en fait la complice de l’homme au creux des draps, ou ailleurs. C’est en tout cas, ce que m’évoquent les dessins les plus contemplatifs et les plus crus que j’ai pu découvrir dans ce livre ou sur le net.
Il y a quelque chose qui sonne très vrai dans les œuvres érotiques de Varenne et c’est par là que je vais commencer à explorer son univers, même si je compte aussi jeter un œil aux BD plus politiques, qui risquent, hélas, de me parler d’un temps que je n’ai pas connu.
Pour les Parisiens et gens de passage, la galerie Rachel Hardouin accueille une exposition dédiée à Alex Varenne du 19 décembre 2019 au 1er février 2020. Ce qui répond à la question : qu’est-il donc devenu depuis la sortie de ce livre ?
Sans doute voulais-je confirmer une intuition, alors, plutôt que de commencer logiquement par lire ses œuvres, j’ai porté mon attention sur ce livre d’entretiens dont l’approche est strictement chronologique. On part du début de la carrière de Varenne dans les années 70 jusqu’à presque aujourd’hui. L’interview fleuve aborde l’évolution de son style, les titres marquants, sa collaboration avec son frère et son envol en solo, le basculement du politique vers l’érotique, son approche du libertinage et ses muses. Je n’imaginais pas que cette lecture allait se révéler aussi passionnante, surtout sur un auteur dont je n’ai pour ainsi dire encore rien lu. C’est pourtant 240 pages d’un parcours cohérent, réfléchi et riche, amplement illustré et analysé, qui se dévorent en un rien de temps.
Bien sûr, c’est la période érotique qui a le plus retenu mon attention. Sa liberté, Varenne a pu l’exercer autant dans sa vie sexuelle que dans la BD. L’une venant sans cesse enrichir l’autre. Refusant certaines facilités qui auraient sans doute pu lui rapporter beaucoup plus, il s’est attaché à raconter des histoires parfois très singulières, parfois très personnelles, dont il ressort beaucoup de cérébralité et un profond amour des femmes. Mais, ici, la femme n’est ni objet ni trophée comme on peut la rencontrer dans beaucoup d’œuvres érotiques. C’est palpable dans nombre de ses dessins, la femme chez Varenne n’est pas soumise à l’homme, elle est maîtresse de sa sexualité. Elle est tantôt fatale, tantôt douce, tantôt prolongement d’un fantasme, tantôt reproduction fidèle d’une rencontre marquante de l’auteur. Elle est surtout souvent très charnelle avec ce brin de perversité et de malice – oserais-je parler d’animalité ? – qui en fait la complice de l’homme au creux des draps, ou ailleurs. C’est en tout cas, ce que m’évoquent les dessins les plus contemplatifs et les plus crus que j’ai pu découvrir dans ce livre ou sur le net.
Il y a quelque chose qui sonne très vrai dans les œuvres érotiques de Varenne et c’est par là que je vais commencer à explorer son univers, même si je compte aussi jeter un œil aux BD plus politiques, qui risquent, hélas, de me parler d’un temps que je n’ai pas connu.
Pour les Parisiens et gens de passage, la galerie Rachel Hardouin accueille une exposition dédiée à Alex Varenne du 19 décembre 2019 au 1er février 2020. Ce qui répond à la question : qu’est-il donc devenu depuis la sortie de ce livre ?
Une toute petite sélection de dessins qui me parlent, notamment la première image qui est assez dans l’esprit d’une photo de moi prise par un partenaire. Et je ne parle même pas de la dernière… Signe que le travail d’Alex Varenne ne pouvait que trouver un écho chez moi.








