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L’exposition à la MEP s’est terminée ce week-end, je l’ai attrapée au vol in extrémis. Ce fut l’occasion d’une belle découverte.

Ren Hang est mort jeune, d’un suicide à 29 ans. Il faut dire que ses photos ne pouvaient que lui attirer des problèmes en Chine. Non seulement la nudité a titillé les comités de censure, mais il ne faut pas oublier que jusqu’en 2001 l’homosexualité était encore considérée comme une maladie mentale et que, dans nombre d’esprits, c’en est toujours une. Il y a de quoi vouloir se débattre pour exister.

Je ne vais pas mettre des œillères, l’ombre du plagiat plane sur cet artiste. D’aucuns de citer Terry Richardson, Nobuyoshi Araki, Ryan McGinley, Guy Bourdin, Robert Farber et Robert Mapplethorpe. Peut-être. Sans doute. Je ne suis pas assez familière de tous ces noms. Comme souvent, j’en suis restée au très basique « j’aime/j’aime pas ». J’ai aimé les regards, les corps, les appropriations de mise en scène. J’ai aimé que les choses soient moins lisses, le côté fauché et bricolé des séances, l’intention, les couleurs, le travail sur les corps et le débouchage d’ombres à la lampe-torche dans la nuit. Il y a une émotion provoquée par cette jeunesse en quête d’elle-même, qui s’affiche nue et sans complexes pour échapper au carcan. C’est sans doute le contexte dans lequel ont été prises ces photos qui leur donne leur force et leur beauté si particulières.