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 Il m’arrive parfois de réclamer demander une surprise. Quelque chose que nous n’avons pas encore essayé. Et je fais alors entièrement confiance à l’imagination un peu déviante de mon partenaire kinky pour trouver de quoi me satisfaire et surtout nous procurer du plaisir à tous les deux. Ceci est le court récit d’une de ces surprises.

***

Un jour, parce que l’on aime bien ne rien programmer à l’avance, je fus accueillie par un bandeau et l’ordre de ne plus prononcer un mot. Les yeux bandés, il me guida vers la chambre où je reconnus tout de suite l’odeur du jute. Une séance de cordes, donc. Mais le connaissant, il ne s’agirait pas aujourd’hui de simplement me contraindre. Il y aurait de la douleur et du cul. Parce qu’il y a souvent de la douleur et du cul.

Après m’avoir déshabillée sans s’attarder et allongée au centre du lit, il m’attacha en étoile aux montants métalliques du lit, les bras et les jambes bien écartées. Puis il s’éloigna et je l’entendis ouvrir et fermer des tiroirs dans la cuisine. De la cire peut-être ? Qui serait retirée avec la lame d’un couteau dans un second temps ? Je n’avais pas entendu le briquet qui aurait dû servir à allumer la bougie, mais il pouvait l’avoir fait discrètement dans une autre pièce pour ménager le suspense.

Il revint enfin et s’assit sur le bord du lit. D’une main, il pinça et tira un peu sur mes lèvres, puis les écarta et glissa prestement quelque chose en moi. Et il attendit.

Sur le moment, je ne sentis rien. Juste qu’il m’avait pénétrée avec un petit objet oblong et circulaire. Je ne voyais pas où il voulait en venir, il n’y avait aucune chance que j’éprouve du plaisir avec un si petit joujou. À moins qu’il ne se mette à vibrer… et encore… J’étais sur le point de lui faire effrontément la remarque quand la chaleur fut. Et je compris. Du gingembre fraîchement pelé. Quand il vit que j’avais levé le voile sur son vice du jour, il lui fit faire quelques mouvements de va-et-vient entre l’intérieur et mon clitoris, en insistant bien sur le petit dôme sensible. Un glissement dedans, un glissement le long de ma fente. Un glissement dedans, un glissement le long de ma fente. Plusieurs fois. De prime abord, la sensation était intéressante et excitante. Ni trop vive ni trop piquante. Puis il fit une pause dont je n’identifiais pas la raison, et le jeu reprit. La chaleur me parut plus vive avant de retomber de nouveau.

— Si tu voyais ça. Tu mouilles comme une belle chiennasse.

Peut-être en effet. Ça semblait bien glisser en tout cas.

Puis il fit une nouvelle pause et, cette fois, après avoir inséré la partie à nu de la racine dans mon vagin, il ferma
l’ouverture avec des pinces pour la maintenir en place. Et il attendit. Encore.

Je ne pus retenir une contraction autour du petit cylindre végétal et la chaleur se fit plus présente, plus enveloppante, et loin d’être désagréable. Je réitérais plusieurs fois et me tordais comme je le pouvais pour faire glisser la racine contre mes parois. La douleur des pinces contre mes lèvres et la contrainte faisaient de plus en plus monter mon excitation et l’envie de jouir était désormais très forte. Son silence et son absence de mouvements ne me laissaient deviner ni ses sentiments devant ce tableau – un amusement gentiment sadique sans doute – ni ses intentions. Je ne pouvais espérer qu’une chose : entendre le bruit du moteur allant de pair avec la délicieuse succion du stimulateur clitoridien.

Il se contenta de tirer plusieurs fois sur les pinces pour me titiller, puis il détacha mes jambes et les serra l’une contre l’autre avant de faire glisser la corde sur ma peau pour les souder et ainsi enfermer la racine et les pinces entre mes cuisses. À ce point, mon clitoris n’en pouvait plus de palpiter et de réclamer que l’on s’occupe de lui. Ce qui dut se voir d’une façon ou d’une autre.

— Tu veux jouir ?

Quelle question !

Je hochai la tête tout en poussant mon bassin vers le haut pour lever toute ambiguïté. J’entendis enfin le son tant espéré du petit moteur qui démarre. Une, deux, trois, quatre. Il enclencha la cinquième vitesse avant d’écarter délicatement mes poils et le haut de mes lèvres pour découvrir mon clitoris et venir y poser la tête du stimulateur. Je pressai encore plus les cuisses et tout se contracta en moi. Je sentis la racine palpiter à l’intérieur. Ou était-ce mes chairs qui palpitaient sous l’effet de l’afflux sanguin ? Cette fois, ça piquait et ça chauffait fort. Et les pinces me serraient tout aussi fort. J’avais de plus en plus envie de jouir. Je me tortillais dans l’espoir qu’il augmente la vitesse. En vain. Ça devenait insoutenable. J’étais à deux doigts de le supplier, mais il me devança. Comme souvent.

Six puis sept. Et l’orgasme partit. D’un coup, dans un long cri rauque. Plus je poussais, plus le gingembre me brûlait et plus j’avais l’impression de me liquéfier de l’intérieur. Et c’était tellement bon et long et chaud. Les répliques s’enchaînèrent jusqu’à ce que je souffle « stop stop stop » en riant et en me tortillant. Et je fus entendu. Le moteur s’arrêta, la corde se desserra, mes jambes s’écartèrent. Il me retira les pinces et libéra enfin la racine. Mon ventre se contractait encore sous l’effet des orgasmes. Mon entre-jambes réclamait de l’air frais. Je n’osais imaginer le spectacle que j’offrais à cet instant.

À son souffle, je devinai plus que ne vis son émerveillement. Je sentis un fil humide s’étendre sur la peau de mon ventre alors qu’il venait poser la racine contre mes lèvres, forçant suffisamment pour pénétrer ma bouche.

— Suce, petite chienne.

Et je suçai mes sucs mêlés à ceux, brûlants, du gingembre jusqu’à ne plus sentir ni mes lèvres ni ma bouche. J’étais repue, heureuse de l’expérience et lorsqu’il jeta le gingembre sur le sol à côté du lit, il me glissa simplement dans le creux de l’oreille :

— Tu me pardonneras d’attendre un peu pour te prendre. Tu es bien trop brûlante pour moi tout de suite.

Qu’y a-t-il de plus satisfaisant qu’une séance qui se conclut par un rire partagé ?!