• Biphobie, des stéréotypes aux conséquences psychologiques : Même ceux qui disent vouloir lutter contre les normes finissent par imposer les leurs.
  • Décès de Luisa Mandelli, la « Valentina » de Crepax : Hommage à toi qui a inspiré ma vie sexuelle !
  • Re-confinement : Et la liberté d’aimer ? :

    Re-confinement ou pas re-confinement, ce qui n’a finalement pas changé, c’est cette seule et unique question : quel usage en fait-on, de ces inestimables libertés ? Vit-on assez vaste ? Est-on dignes de ceux qui se sont battus, bien avant nous, pour nous permettre d’accéder à la félicité charnelle ? Ces questions étaient absolument identiques, avant même qu’on sache le mot Covid…

    Je suis tellement d’accord avec elle. Je suis fatiguée d’entendre certains se plaindre de l’atteinte faite à leurs libertés individuelles tout le temps alors qu’il s’agit juste de petites frustrations tout à fait individuellesalistes, souvent liées au consumérisme, et d’un refus de prendre en compte qu’ils ne sont pas seuls sur terre, eux et leur petit nombril. Mais après tout, quoi de plus normal dans une société de pervers polymorphes
    Des frustrations, on en a tous en ce moment : ne pas pouvoir voir les personnes aimées comme on le voudrait, ne pas pouvoir voyager n’importe où dans le monde ou en France, ne pas pouvoir se faire un bon petit resto en tête à tête, ne pas pouvoir se faire une toile ou une scène, etc. La seule et unique chose qui m’a invariablement frustrée pendant ces périodes de confinement, c’est de ne pas pouvoir voir mon mec toutes les semaines, car, hélas, il n’habite pas dans un rayon de 1 km, ni de 20. On a fait avec, on a été tristes, on a eu plein de petites attentions à distance pour nous faire sourire, on a pensé à l’après, aux retrouvailles. Surtout, on a exercé notre liberté d’imaginer plein pot. On a aussi toujours fait attention à combien de personnes nous voyions chacun de notre côté, pour limiter les risques de contamination au maximum, autant pour nous que pour nos proches. Bien sûr, le libertinage, c’est hors de question avant longtemps. Et tout ça, franchement, ce sont de biens maigres sacrifices vue la situation inédite dans laquelle nous sommes. Non, vraiment, je ne vois pas comment l’impérieuse envie de faire la fête avec plein d’inconnus peut passer avant la santé des personnes que l’on aime. Personnellement, j’ai toujours trouvé que jouer à la roulette russe était très con. 

  • Une enquête pour traite des êtres humains expose les pratiques de l’industrie du porno : Mediapart fait le suivi sur les affaires de viols, proxénétisme aggravé et traite d’êtres humains aggravée touchant par ricochets Dorcel et Jacquie et Michel. Tout un programme. (Si vous n’avez pas d’abonnement, il est possible de retrouver l’intégralité de l’article via Reddit.)
    En le lisant, j’ai marqué un temps d’arrêt sur ce passage : 

    Prise dans un engrenage où l’argent avait pris une place excessive et où son corps n’avait plus d’importance, une plaignante indique aux policiers avoir accepté de tourner un bukkake, malgré ses réticences. Cette pratique extrême désigne l’éjaculation de plusieurs hommes sur le visage d’une femme. La scène a lieu dans un hangar de Seine-Saint-Denis. En guise de lit, un caisson recouvert d’un drap. La plaignante a « envie de fuir ». Les participants cagoulés – une vingtaine – la tirent vers eux alors que son corps se rigidifie. Elle se décrit comme « anesthésiée », s’étant « mise en off pour ne pas craquer ».

    Le souvenir remonte un peu, mais j’ai déjà lu la description d’une mise en scène similaire dans un article sur… le bukkake dans le numéro Sexe des Inrocks de l’été 2015. Après relecture, il s’agissait bien déjà du fabuleux Pascal OP et de ses pratiques à vomir.  
    Pour la star du X français Anna Polina, égérie Marc Dorcel depuis cinq ans, il n’y a aucun doute : “Pascal OP est un bon gros connard. La manière dont il parle des femmes me rend folle, dit-elle. Je ne sais pas dans quelle mesure les filles qui tournent dans ses vidéos ont conscience de ce qu’elles font. Je ne juge pas la pratique, attention, il y a des rapports de domination qui peuvent être excitants. Mais quarante mecs qui baisent une nana payée une misère et traitée comme un sale bout de viande, c’est proche de l’esclavage.” 
    Ancienne actrice à la retraite, Angell Summers s’interroge elle aussi : « On a le sentiment que les filles de ces vidéos ne savent pas où elles sont, qu’elles ignorent ce qu’elles vont vivre. Le bukkake surfe quand même sur un fantasme d’illégalité, de viol, de tournante, et il faut avoir un sacré caractère pour supporter un tel truc. » 

    […]

    Pendant près de deux heures cet après-midi, l’actrice va alors tout supporter dans des conditions de tournage ultraprécaires. Installée sur un étroit matelas recouvert de sacs-poubelle disposé à même le sol, elle passe d’un mec à l’autre sans pause, cherche de l’air, et se prend sur le bras la cendre brûlante d’un type qui fumait trop près. Elle enchaînera aussi une trentaine de fellations sans capote, seules les pénétrations vaginales étant protégées sur ce tournage, pour lequel aucun test de santé complet n’a été réclamé aux amateurs.

    Une partie de l’article est disponible ici. L’occasion de lire ce qu’il disait à l’époque, alors qu’il ose se faire passer pour un naïf aujourd’hui.