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Je l’ai déjà mentionné à plusieurs reprises dans ces pages virtuelles et plus précisément dans mon histoire de bac à sable, sans être une piaille, j’aime prendre le temps de discuter et d’échanger sur les pratiques, sur la façon de faire des autres, et sur bien d’autres choses encore. Mais force est de constater que sur un site libertin et étant donné que, la plupart du temps, les femmes ne répondent jamais, à partir du moment où je renvoie un message, même pour dire « merci » à un compliment, c’est souvent interprété par la personne en face comme une marque d’intérêt. Alors, imaginez quand la conversation s’engage vraiment, même sur des banalités comme le métier de l’autre, sujet qui suffit parfois à éveiller ma curiosité.
Plus la conversation prend de la profondeur et de l’épaisseur, plus il devient délicat pour moi de mettre les points sur les i quand la question se repose, et de redire plus fermement et explicitement que, non, vraiment, je trouve la conversation agréable, mais qu’il n’y aura rien de plus. En gros, que je trouve l’intérieur de la tête de la personne intéressant, mais pas son sexe. Ce qui, sur un site orienté cul, passe assez inaperçu sur le radar de la flatterie… ou, tout du moins, n’est pas suffisant.
Là, généralement, il y a plusieurs types de réactions :
- Soit la personne se sent vexée, voire blessée, et coupe court, en me faisant éventuellement bien sentir que je lui ai fait perdre son temps ;
- soit elle essaye de savoir pourquoi elle ne me plaît pas, ce qui mène aussi parfois à une vexation ou une blessure d’amour propre (le refus à cause de l’âge passe généralement très mal avec les jeunes). Il n’est pas rare que ça se finisse par un « dommage » quand le regret s’exprime à haute voix ;
- soit elle tente d’entretenir un peu le fil de la conversation, mais sans grande conviction et le fil s’éteint assez vite. Il y a même un côté un peu triste quand certains se raccrochent à ce brin de conversation. Des gens qui de toute façon ne se projetaient même pas dans une rencontre, mais juste un contact humain et qui aimeraient bien se redonner un peu confiance ainsi ;
- soit, de temps en temps, je tombe sur des gens (des perles) qui sont aussi heureux que moi de discuter sur des sujets divers et variés et là, c’est top. Mais ça reste très rare. Il y en a même dans le lot qui savent quand la discussion ne pourra pas aller plus loin et le disent avec beaucoup de simplicité. Ce qui est encore plus rare, mais cette honnêteté fait un bien fou.
Homme seul : « Se titiller pendant des jours des semaines des mois pour que les corps n’en puissent plus de se désirer… »
Moi : Tu craques ?
Homme seul : Un petit peu oui …. Tu es toujours dans un coin de ma tête. Tu trottines dans mes pensées. Tu gambades dans mes fantasmes…
Moi : Que faut-il faire alors ?
Homme seul : Succomber à nos fantasmes ? Se rencontrer. Se dévorer.
Moi : Et si mes fantasmes sont ailleurs ?
Homme seul : Effectivement… Je n’y peux pas grand-chose…
Moi : Non…
Homme seul : Alors je vais diriger mes fantasmes ailleurs puisqu’ils ne sont point communs.
Moi : J’avais la sensation de n’avoir pas donné trop d’espoirs au fil des échanges… En ce moment, je réponds à tout le monde que je suis en pause et, de toute façon, inatteignable. Ce qui est très palpable de mon point de vue. Mon cercle libertin a atteint ses limites, je n’arrive plus à être atteinte par le désir des autres. Inatteignable donc.
Homme seul : J’avais un doute. Maintenant, je ne l’ai plus.
Il en a été de même avec un autre contact aux goûts culturels tellement éclectiques que c’était une vraie mine d’informations. Un pied absolu pour moi qui aime découvrir de nouvelles choses. J’ai même profité d’un passage dans sa ville pour prendre un café avec lui, juste parce que le personnage me plaisait vraiment et parce qu’à force de rebondir sur une histoire de charrue et de bœufs, je pensais bêtement qu’il entretenait la conversation pour la même raison que moi : le plaisir de l’échange, et s’était fait une raison pour le reste. Erreur encore une fois. J’ai senti la déception de son côté quand j’ai dû réitérer que non, nous ne nous retrouverions pas dans une chambre à coucher un jour plus ou moins proche. Quelques messages polis plus tard, il n’y avait plus rien à se dire.
Histoire de me jeter un caillou aussi : le simple fait que nous ne soyons plus, avec mon interlocuteur, sur la même longueur d’onde crée une sorte de gêne de mon côté qui m’empêche de toute façon d’être naturelle par la suite. On attend plus de moi que ce que je suis prête à offrir et, forcément, ça joue sur l’équilibre de l’interaction.
Le pire (façon de parler), c’est que j’ai fini par m’habituer à ce fonctionnement et à ne (presque) plus me formaliser quand ça s’arrête. Tout comme je ne me formalise pas quand une première rencontre aussi chaude et construite soit-elle restera la seule et unique et qu’une fois la chose faite, chacun repartira de son côté. C’est la règle du jeu. Ce détachement me paraît d’ailleurs assez vital dans ce milieu pour se préserver. Comme un juste milieu entre un cynisme sans concession et une empathie hypertrophiée. Mais avec plein de nuances quand même.

