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Un collier. 
 
Pas parce que tu es mon Maître, mais justement parce que tu n’en es pas un. Si tu en avais été un, je l’aurais refusé ; la signification pour moi aurait alors impliqué d’autres enjeux bien plus sérieux dont je ne veux pas. D’ailleurs, c’est moi qui le demande. Parce que je veux tout de même être ta chienne à toi. Je souhaite que nos jeux, qui ne sont que des parenthèses dans quelque chose de bien plus vaste, s’initient à partir du moment où tu feras glisser le cuir autour de ma gorge pour refermer la boucle métallique qui fera de moi ta soumise pour un temps. Que ton regard ne quitte pas mes yeux quand tu fixeras la laisse à l’anneau prévu à cet effet. Si, à ce moment, je ne dis rien, alors tu pourras poursuivre selon ton bon plaisir. Nous nous connaissons assez et nous nous faisons suffisamment confiance pour nous abandonner l’un comme l’autre.
 
J’imagine déjà ta voix, ton regard, tes gestes autoritaires. J’imagine la soumise nue que je serai alors, te suivant à quatre pattes sur le plancher de ton appartement. J’imagine l’attente silencieuse à genoux au pied de ton lit. Est-ce que ce sera une queue au fond de ma gorge ou une caresse sur ma joue ? J’imagine la tension de la laisse pour me faire me redresser, me guider, me basculer par-dessus tes jambes pour une fessée méritée (ou pas) ou me faire monter sur le lit. J’imagine des chevauchées fantastiques en levrette et des mots crus jetés dans le creux de mon oreille. J’imagine l’image de moi que me renverra un miroir judicieusement placé. J’imagine aussi ma tête reposant sur tes genoux pendant que tu regarderas la télé et que ta main jouera machinalement dans mes cheveux. J’imagine plein de choses, mais sans doute pas tout ce que tu pourrais imaginer si tu acceptais de passer un collier autour de mon cou. Parce que très honnêtement, je n’avais pas vraiment imaginé te faire une telle demande un jour sans t’en parler avant.
 
Maintenant, la question est : est-ce que toi aussi, tu imagines tout ça ?