Un essai moderne pour déconstruire un rapport au sexe conditionné. Entre les corps parfaits des réseaux et les mises en scène du porno, dur de comprendre ses envies et ses désirs quand on est un homme. Chez nous, les mecs, on pense que, le principal, c’est la taille et la performance. L’important, c’est de faire l’amour tôt, longtemps, souvent. Mais… et si le patriarcat nous avait menti, et que toute cette pression était inutile en plus d’être néfaste ? Sainte-Paluche, en mentor sans tabou, livre son expérience et déconstruit tous les mythes qui existent encore autour de la sexualité dite « masculine » et « virile », pour recentrer le débat sur ce qui compte vraiment : l’acceptation de soi et de son corps, l’écoute et le respect de l’autre, la bienveillance, toujours.
Encore une fois, je ne suis pas le public cible de l’ouvrage. C’est un livre écrit par un homme pour les hommes, mais la démarche de cet auteur qui mène une introspection de mâle conditionné par le patriarcat m’a beaucoup intriguée. Comme mon but aujourd’hui est de m’entourer de personnes, hommes compris, qui ont déconstruit certains schémas ou sont en train de le faire, ça m’intéressait de voir comment lui y était arrivé.
Honnêtement, ça a été plutôt une bonne surprise. Premier point positif : j’ai bien plus apprécié ma lecture que celle du petit pamphlet de Martin Page (Au-delà de la pénétration). Là, on sent bien que l’auteur est au-delà du tâtonnement autour d’un début de réflexion sur pourquoi pas. Il a fait un travail sur lui, a vu les changements et est revenu pour en parler et montrer la voie aux autres. Il parle toujours en connaissance de cause.
Sainte Paluche part de ses constats, de ses réflexions, en étayant avec quelques statistiques et ce qu’il a pu lire et entendre autour de lui. Il met le doigt, chapitre après chapitre, sur tout ce qui pose aujourd’hui problème avec la construction de la masculinité dans notre société, sans même aller jusqu’à utiliser le mot toxique.
Ce livre ne m’aura pas appris grand-chose, parce qu’interroger la masculinité fait aussi partie du spectre de mon engagement féministe. Par contre, j’ai fichtrement envie de le conseiller à tous les hommes qui sont entrés en réflexion (ou qui en auraient bien besoin) sur ce que c’est d’être un homme et sur comment ils se sont construits ou ont été construits : pornographie, préliminaires, regard sur l’homosexualité, course à la performance et autres concours de bites, compétition intrasexuelle qui retombe sur les femmes, alors que, vraiment, on n’a rien demandé.
Il y a aussi quelques clés pour réfléchir à comment avoir une sexualité épanouissante avec l’autre et comment sortir un peu des scripts de l’hétéronormativité. Vraiment, vous devriez essayer. L’ouverture d’esprit n’est toujours pas une fracture du crâne.