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Présentation de l’éditeur (qui me facilite bien la tâche, il faut le reconnaître) :
Partons de Limerick, nom d’une ville irlandaise célébrée dans le refrain d’une chanson du XIVe siècle : « Will you come up to Limerick? » La ville donne alors son nom à la forme brève d’une historiette rimée reposant sur une situation cocasse, et le plus souvent conclue par une pointe humoristique. Le limerick désigne d’abord des comptines pour enfants ; mais très vite – enfin, au long des siècles suivants – il vient s’accouder au comptoir des pubs populos et, alcool aidant, devient volontiers grivois, voire franchement obscène. Plus c’est gros, plus ça passe, et l’essentiel est d’en rire ! Les 99 limetricks bernaliens cousinent avec cette lignée, orale et ordurière. Les poèmes associent à chaque ville une pratique sexuelle. Les villes sont classées d’est en ouest : un effeuillage des mœurs longitudinal.
Que rajouter ? Que le petit ouvrage se lit très vite et que cette forme poétique aussi structurée qu’un haïku et aussi égrillarde qu’un contrepet est vraiment une belle découverte. J’en avais déjà posté une sélection signée Topor par ici l’année dernière et la curiosité m’a fait porter mon attention sur ce tout petit livre ensuite. Le plaisir du jeu de mots bien trouvé mène aussi bien à de gentilles grivoiseries qu’à des délires totalement transgressifs. Même si l’ensemble est assez inégal, la faute aux contraintes sans doute, il contribue à faire survivre une forme d’humour qui demande du quinzième degré et de l’esprit. Et ça fait du bien.

Une courte remarque sur les dessins accompagnant certains textes. Il suffit que le regard glisse trop tôt sur l’illustration pour gâcher un peu la surprise et la saveur du texte. Pour le reste, ils sont souvent aussi cochons que les poèmes. Attention les yeux, donc.


Armin Meiwes

Dans un sauna de Sochaux
Une amazone en chaleur
Braise un homme – et peu lui chaut –
Dont elle a fait tout à l’heure
Pleurer le membre assez chaud.