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Espace marginal bas : Cet espace se produit quand le dom dirige l’attention du sub. Ceci peut se produire aussi délicatement qu’un regard, un contact léger, un petit bruit ou n’importe quelle combinaison de ces derniers. Le sub est en continuelle attention, souvent par le regard ou l’audition de la prochaine commande venant du dom. Si l’interaction entre dom et sub est recherchée, il est préférable de rester dans cet espace.
Aux prochains niveaux, le sub est incapable de transmission, d’articuler des simples mots, étourdi.
Espace blond : Dans cet état, le « Q.I. du sub tend à diminuer progressivement », mais revient à la normale à la fin de la séance. Il se sent devenir plus lent mentalement. À ce moment, le sub ne peut pas distinguer le danger, il est incapable d’utiliser un véto, car il lui est devenu incompréhensible. Encore, une autre raison pour laquelle la confiance du dom est essentielle. Le sub ne peut pas penser pour lui-même, incapable de décider s’il en a assez, s’il est temps d’arrêter. C’est dans cette situation que le dom devra utiliser son jugement.
L’arrivée dans la chambre s’est faite dans le plus grand silence. Je rentrais alors dans le scénario, je sortais les accessoires en tremblant et toute mon attention s’est portée sur lui à chaque fois qu’il a sanctionné mes maladresses par des soupirs et ma lenteur par des tapotements de pied sur le sol. Ce qui a bien sûr amplifié ma fébrilité. Je me suis ensuite positionnée en face du miroir, regard baissé et j’ai attendu. Puis il y a eu les premiers contacts physiques, les premières paroles, le ton de sa voix. Je me souviens avoir souri un peu nerveusement et d’un regard échangé, sans vraiment chercher à le défier, ou alors totalement inconsciemment. Le recadrage a été sec et efficace. Je pense que c’est à ce moment que le déclic a eu lieu et que j’ai perdu le fil. Je me suis laissée porter. Il y a eu des jeux de pinces, des coups de cravache et des fessées. Cette partie était scriptée dans les grandes lignes. Pas la suite. Je ne me souviens d’ailleurs pas aussi bien de ce qui s’est passé ensuite. Vaguement d’avoir été positionnée et repositionnée et prise dans la foulée. Puis de m’être rhabillée. C’est en sortant de la chambre, quand mon partenaire m’a demandé si ça allait que j’ai repris mes esprits. Le claquement de doigts. Il s’est assuré que j’étais bien en capacité de rentrer chez moi et j’ai profité de mon état de bien-être le reste de la journée.
Au milieu de tout ça, il y a eu ce moment très très bizarre pour moi où je me suis retrouvée incapable de répondre à des questions très basiques. Impossible de construire une phrase. Même un oui ou un non me demandait un réel effort. La sensation était vraiment celle d’avoir un mur dans le crâne. Forcer ce mur ne me paraissait pas impossible, mais je sentais aussi que ça allait me ramener à la réalité sans possibilité de retour dans l’état précédent. Comme je me sentais bien et pas en danger, je n’ai pas lutté contre ce mur. En y réfléchissant a posteriori, c’était même précisément cet état que je recherchais. La chance du débutant avait frappé.
C’est le fait de n’avoir jamais pu retrouver cet état qui m’a fait m’interroger sur les déclencheurs et surtout sur ce qui m’avait manqué par la suite pour que ça ne se reproduise jamais. Le ton de la voix, une main sur la nuque, certains gestes font partie des éléments importants et suffisent à me faire basculer dans l’espace marginal bas. La confiance en mon partenaire en est une autre et je sais que ça pêche un peu de ce côté-là. D’un autre côté, la confiance ne se force pas. Mais ce qui manque par-dessus tout, c’est l’induction et l’autohypnose que j’ai réussi à mettre en place un peu par hasard.
L’état hypnotique ou transe hypnotique est considéré comme un état modifié de conscience.
C’est un état de veille caractérisé par une conscience à la fois rétrécie (par focalisation de l’attention ou par une concentration extrême) et à la fois élargie (par une sorte de disponibilité à soi et à l’environnement). La transe se manifeste par un état de concentration accrue avec une diminution de la réceptivité aux stimuli extérieurs et une réorientation de l’attention focale vers les phénomènes internes.
Le corps est dans un état de léthargie, de détente profonde, accompagné d’un désintérêt envers tout effort, des sensations de flottements, de légèreté, la musculature est relaxée, la respiration et le pouls ralentis, la tension artérielle diminuée. Le sujet décrit des sensations inhabituelles, parfois paradoxales : lourdeur et légèreté, modification du schéma corporel, fourmillement dans les extrémités, sensation d’être complètement présent tout en étant ailleurs.
Que faire maintenant ? En trois ans, j’ai évolué dans mes pratiques. Je ne scénarise plus autant. Mon fonctionnement n’est plus le même. Celui de mes dominants successifs non plus. L’improvisation et la fluidité ont pris le dessus. J’ai donc, sans le réaliser, enlevé un des éléments déclencheurs qui me paraît être la clé.

